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Pied diabétique

PIED DIABETIQUE

 

Le diabète est une maladie qui est devenue une épidémie. Le diabète touche 8% de la population mondiale et 5,3% de la population française. À l’origine, la génétique pour partie mais surtout l’évolution de nos modes de vie.

Les aliments sont composés de lipides, de protides et de glucides. Les glucides, qui sont en fait des sucres, fournissent l’essentiel de l’énergie dont a besoin le corps pour fonctionner. Une fois assimilés et passés dans la circulation sanguine, les glucides sont transformés majoritairement en glucose. Après un repas, le taux de glucose dans le sang augmente donc.

Quand tout va bien, le corps sait convertir le glucose en réserve et en énergie : le pancréas détecte l’augmentation de la glycémie. Les cellules bêta du pancréas, regroupées en amas appelés îlots de Langerhans, sécrètent alors de l’insuline. L’insuline a un rôle crucial : elle permet au glucose de pénétrer dans les cellules de l’organisme (dans les muscles, le tissu adipeux, et le foie où il va pouvoir être stocké). En cas de diabète, ce système ne fonctionne pas et la glycémie devient trop élevée, de manière chronique.

Il existe principalement deux types de diabète : 1 et 2. Dans le diabète de type 1 (10% des cas de diabète), l’organisme ne reconnaît plus les cellules bêta du pancréas et le système immunitaire les détruit. Il s’agit en fait d’une maladie auto-immune. L’insuline ne peut plus être produite, le glucose ne peut plus entrer dans les cellules. Il retourne alors dans le sang et la glycémie s’élève. Dans le diabète de type 2, le plus fréquent, ce sont les cellules de l’organisme qui « font de la résistance » et ne parviennent pas à utiliser le glucose correctement.

Un excès de sucre dans le sang est dangereux pour de nombreux organes. Ces hyperglycémies répétées peuvent provoquer à long terme une altération des nerfs et des vaisseaux sanguins : ce sont les complications du diabète, qui peuvent aller jusqu’à la cécité, des amputations ou encore des accidents cardiovasculaires.

Le diabète peut entraîner une perte de sensibilité au niveau des pieds. Résultat: les plaies potentielles sont indolores et sujettes aux infections. Des infections pouvant aller jusqu’à la gangrène et entraîner une amputation. Pour éviter de telles complications, il existe des consultations spécialisées qui proposent des prises en charge adaptées.

Avant de plâtrer, on propose généralement aux patients de porter des chaussures de décharge. Il s’agit de chaussures thérapeutiques avec une absence d’appui au niveau de la plaie.

Quand le diabète est mal régulé durant une trop longue période, le sucre en circulation dans le sang provoque le rétrécissement des artères (artérite diabétique). Une diminution de l’apport en oxygène lèse peu à peu certains nerfs (neuropathie), entraînant une perte de sensibilité nerveuse. Le rétrécissement peut également atteindre des vaisseaux sanguins de petits calibres (des artérioles) qui sont répartis entre le genou et les orteils ; ici, la diminution d’oxygénation empêche la cicatrisation.

Ne ressentant plus la douleur, le patient ne s’inquiète pas des différentes lésions qui peuvent apparaître à la surface de ses membres. La cicatrisation ne s’effectuant pas, l’infection progresse, de plus en plus rapidement. Il peut alors débuter une gangrène. Et si rien n’est fait à temps pour rétablir la circulation des zones asphyxiées, l’amputation sera inévitable.

Sur son site, la Fédération française des diabétiques (FFD) indique qu' »l’origine d’une plaie infectée ou d’une gangrène, il y a le plus souvent : une petite blessure qui aurait pu être évitée et provoquée par une chaussure (ampoule due au frottement d’une chaussure neuve), un ongle mal taillé ou un durillon ou « le mal perforant plantaire « , véritable complication spécifique de la « neuropathie ».

Près de 70% des amputations seraient réalisées chez des patients de plus de 65 ans.

Comment prévenir une amputation ?

Dix pour cent des diabétiques courent un risque d’amputation. Si vous avez un pied à risque, voici quelques règles de prévention à connaître :

  • hygiène des pieds, des orteils et des ongles ;
  • contrôle et surveillance visuels réguliers (par vous-même, un proche ou un spécialiste) de l’état de vos pieds ;
  • soins et traitement adaptés à la moindre blessure ou anomalie ;
  • en cas de pied infecté, il faut équilibrer le diabète, arrêter de fumer (car le tabac a des effets sur la circulation sanguine), éviter les facteurs de risque ;
  • certaines techniques et ustensiles d’hygiène ou de confort (comme les bouillottes, certains coupe-ongles) sont à proscrire car peu compatibles avec des pieds fragiles.

 

Pour plus d’informations, consultez votre chirurgien vasculaire.