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Sclérotherapie des varices : traitement par injections

SCLÉROTHÉRAPIE DES VARICES : TRAITEMENT PAR INJECTIONS

 

Connue depuis la fin des années 1920, la sclérothérapie consiste à injecter une substance qui va induire une rétraction et un durcissement de la veine malade, qui va se boucher (se « scléroser »). Découvrez l’essentiel sur cette technique désormais utilisée face à des varicosités ou en complément de la chirurgie.

Il s’agit du traitement le plus courant des varices de petit et moyen calibre et des varicosités. La technique consiste à injecter un produit sclérosant dans les varices, au cours de différentes séances.

A qui s’adresse cette technique ?

Le principe de la sclérothérapie consiste à injecter une substance irritante pour la paroi du vaisseau. La piqûre n’est pas douloureuse en soi, tout comme les produits sclérosants dont le risque allergisant est rare (excepté l’iode mais quasiment plus injecté aujourd’hui). Néanmoins, le patient devra signaler toute sensibilité allergique. Cette opération va entraîner une sorte de coagulation (un sclérus) et finalement boucher le vaisseau. L’action du produit injecté ne fonctionne qu’à très forte concentration, près du point d’injection. Dilué dans le sang, il perd toute son efficacité et est éliminé dans les urines. Une fois bouchée, la veine ne laisse plus passer le sang et elle se détruit progressivement par un processus de sclérose.

Même si théoriquement, on peut scléroser les varices de toutes tailles, les meilleures indications concernent les petites varices incontinentes (qui ne permettent plus un retour veineux optimal), les varicosités débutantes et les veinules. Pour des varicosités, la technique appelée microsclérothérapie utilise une aiguille très fine permettant d’injecter des veines de petit calibre.

Cette technique peut également être utilisée après chirurgie. En effet, l’ablation des gros troncs veineux ne permet pas toujours le retrait des branches secondaires ou tertiaires. La sclérothérapie peut ainsi s’occuper des varices résiduelles.

Une dernière indication peut concerner les veines incontinentes qui ont tendance à récidiver, « face à la maladie veineuse, chaque personne présentant un potentiel évolutif propre. Après une opération correctement réalisée, certaines femmes ne développeront plus de varices avant 20 ans, alors que d’autres observeront une récidive dans l’année qui suit ».

Sachez que pendant une à trois semaines, on peut observer un « bleu » ou hématome.

Comment se déroule l’opération ?

Avant toute sclérose, le chirurgien vasculaire devra faire un bilan veineux complet. Un écho-doppler, facilitant l’identification des veines continentes (qui permettent un retour veineux de sens physiologique du bas vers le haut) ou incontinentes permet de dresser une véritable cartographie des veines. Sur la base de cet examen et des souhaits du patient, le médecin proposera une sclérose, une chirurgie ou une autre technique comme le laser endoveineux. La sclérose est retenue, le chirurgien  dispose trois produits sclérosants dont le pouvoir est croissant (majeur, moyen et mineur). En fonction des veines à traiter, il injecte un de ses produits à concentration et volume appropriés et peut scléroser les veines apparentes mais également celles qui ne se voient pas, guidant son geste par échographie (on parle alors d’échosclérose) ». Une nouvelle technique est apparue récemment, l’injection du produit sclérosant sous forme de mousse. Permettant un contact plus prolongé avec la paroi veineuse donc plus efficace, elle nécessite un savoir-faire encore plus pointu, mais sa pratique tend à se généraliser.

Les injections se font au cabinet du chirurgien vasculaire  jambes allongées ou en position semi-assise. Au terme de chaque séance, un pansement est mis en place. Compressif ou non, il devra être gardé aussi longtemps que le médecin l’aura indiqué. Pour obtenir de bons résultats, les séances doivent être répétées. Le nombre de séances et le délai qui les sépare (environ 15 jours) sont appréciés en fonction du nombre et de l’état des varices à traiter. Contrairement à la chirurgie, la solution n’est pas immédiate et nécessitera d’être répétée, mais n’impose ni hospitalisation ni arrêt de travail.

Quelles sont les contre-indications et les complications ?

Les contre-indications sont assez limitées : pas de sclérose pendant la grossesse et l’allaitement. Il existe très peu de contre-indications absolues, sauf les antécédents de phlébite personnels ou familiaux. Après les séances, il est cependant préférable de ne pas exposer aux ultraviolets (naturels ou en cabine) la jambe pendant le traitement mais également jusqu’à deux semaines après la dernière séance. Dans les jours suivants, les saunas, bains chauds, sports violents sont à proscrire. Faut-il pour autant ne pas envisager une sclérose durant ou à l’approche de l’été ? Ces techniques se pratiquent le plus souvent d’octobre à avril

Certaines complications sont enfin possibles mais rares : hyperpigmentation post-inflammatoire, extension des capillaires, phlébite, ulcère nécrotique. Néanmoins, en cas de douleur dans le mollet ou dans la cuisse ou suite à l’apparition d’une lésion cutanée, il est nécessaire de contacter immédiatement votre chirurgien vasculaire.